jeudi 8 octobre 2015

Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre, Philippe Delerm, Seuil, août 2015, 110 pages.

     Delerm égrène les petits bonheurs de la vie comme il l'avait déjà fait dans La première gorgée de bière. C'est à la fois charmant et irritant car l'auteur reprend des procédés largement utilisés dans ce premier recueil.
    Le lecteur remarquera l'emploi fréquent du pronom "on": "on est avec lui dans le bus" (p.11) ou "on bouge comme un ours"(p.13), au hasard page 66 "on voit tout le plaisir du pianiste" et enfin page 99 "on est toujours surpris". "On "me dira que ceci permet de s'identifier, le "on" rassemblant largement le "je" et le "vous"!
     De même, Delerm utilise souvent le verbe à l'infinitif seul ou en sujet, ou en complément: "nager toutes les transgressions, se perdre, s'abîmer, chercher infiniment, descendre." (p.82)
      Mais quelques passages délicieux à savourer me consolent d'avoir ouvert ce livre composé de petits chapitres de prose poétique (ou de poèmes en prose?). Le premier texte intitulé "Le mensonge de la pastèque" nous livre dans son premier paragraphe une délicieuse et dangereuse description de ce fruit saisonnier. J'ai apprécié  l'épilogue de "Tendre est la vie cruelle""Combien y a t-il de soirs encore pour s'étonner ainsi, reprendre lentement la marche en se tenant la main? Bientôt dire une bêtise, cela devient urgent." (p.110), manière nostalgique de nous interroger sur la façon dont nous gérons (ou pas!) le temps qui passe!
      C'est sans doute la qualité essentielle de Delerm que de savoir nous montrer toutes ces petites merveilles quotidiennes et de nous inciter à savoir les regarder à notre tour.

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